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L’antenne Amnesty International du lycée invite Amira Azeez, réfugiée yézidi

Le vendredi 28 novembre, l’antenne Amnesty du lycée a organisé une intervention de représentants d’Amnesty International en Alsace.

Était notamment Patrick Meyer, président de l'antenne Erstein-Obernai-Molsheim, venu présenter l’Organisation Non Gouvernementale (ONG) de défense des droits humains, mais la conférence du 28 novembre présentait également le témoignage direct de Amira Azeez, une jeune femme yézidi qui a fuit l’Irak après les exactions et persécutions de Daech en 2014.

L’intervention, à destination des élèves du lycée, a démarré avec une présentation générale de l’ONG, appuyant sur l’importance de s’engager dans un mouvement plus grand que soi. Une courte vidéo a été diffusée, présentant les différents droits qu’Amnesty défend et invitant les élèves à s’engager.

“Faites le prochain pas. Engagez vous pour défendre les droits humains. Rejoignez Amnesty.”

Parmi les libertés défendues, on peut citer la liberté d’expression, de pensée, de religion, le droit des femmes, des enfants, et contre la torture ainsi que pour l’abolition de la peine de mort, qui reste une réalité dans de nombreux pays, y compris des Etats occidentaux, comme aux Etats Unis.

Afin d’interagir avec le public, M. Meyer a invité un élève à se lever, et a demandé eux élèves ce qu’ils feraient pour le libérer de prison après qu’il y ait été enfermé injustement.

Les élèves ont alors pu participer et partager leurs idées, comme manifester, signer des pétitions, interpeller les pouvoirs publics etc.

Ce temps déchange avait pour vocation de faire découvrir l’ONG auprès des élèves.

Après cet échange sur l’ONG, Amira Azeez a partagé son histoire, témoignant des atrocités que les yézidis ont vécu.

-Les yézidis sont une minorité religieuse aux racines perses présente en Irak et dont la diaspora est aujourd’hui présente en France, en Allemagne et d’autres pays occidentaux- .

En août 2014, l’état islamique (Daech) a attaqué ces minorités et détruit des temples yézidis, dont son village, dans le but de les chasser. Amira a partagé non sans émotion les exactions qu’elle a vécu, et a souligné qu’aujourd’hui encore, 11 ans après, des yézidis vivent encore dans des camps de réfugiés dans leur propre pays, en Irak, sans accès aux soins ni à l’éducation, sans compter les familles séparées.

Elle souligne que les exactions commises par Daech n’ont toujours pas été reconnues comme étant un génocide par les Nations Unies, et elle se révolte contre l’inexactitude de ce qu’il se trouve sur en ligne à propos des yézidis, elle invite à se renseigner sur ce qu’est vraiment sa religion, monothéiste mais ni chrétienne ni juive ni musulmane, notamment au travers du livre Pour que je sois la dernière de Nadia Murad.

Au terme de son témoignage, elle explique être fière d’être française aujourd’hui, ainsi que d’avoir reçu l’aide d’associations comme La Main Tendue, mais “qu’une partie de son cœur est là-bas, avec sa familles et ceux qui ne sont plus”.

Amira a alors confié vouloir retourner en Irak depuis qu’elle le peut (depuis qu’elle a la nationalité française, car avant elle ne pouvait pas), même si le danger est toujours présent.

Elle a alors invité les élèves présents à “écouter, comprendre et respecter” chacun.

S’est ensuivi un échange avec les élèves, qui lui posaient des questions sur sa religion, peu connue parmi le public, sur sa famille, et ensuite une question sur ce qu’elle a vécu lors des assauts de Daech. Elle y a répondu “tout types de violences.” Un silence s’est alors jeté sur la salle, avant qu’elle ne rajoute que même les filles de 7 ans avaient été violées.

Si cet échange était possible, c’est notamment grâce à l’antenne Amnesty de lycée, et particulièrement Lilya, qui a permis cette intervention. Elle a confié vouloir monter un projet “qui puisse avoir un impact plus concret sur les élèves que -seulement- signer des pétitions”, et faire venir Amira pour témoigner rend d’autant plus émouvant et marquant qu’une simple conférence. Elle a souligné que “malgré les violences qu’elle a subi elle nous a partagé l’histoire de son peuple et la sienne avec force. Elle parlait avec une grande clarté, presque sans montrer d’émotion, comme si elle avait dû apprendre à se protéger pour pouvoir avancer”. Même si certains élèves se sont plaints de ne pas avoir pu entendre tout ce que les intervenants ont pu partager.


Article publié en décembre 2025, écrit par Lucie G